Des jeunes entre IME et collège : ce que les « manières de faire » collaboratives nous disent des dynamiques inclusives.
Maryan Lemoine  1@  
1 : Université de Limoges  (FrED-éducation et diversités en espaces francophones)
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Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, département de Sciences de l'éducation, 39E rue Camille Guérin, 87000 Limoges -  France

Une enquête ethnographique, menée depuis deux ans, éclaire les conditions de l'implantation partielle, dans un collège, de jeunes déficients intellectuels, âgés de 14 à 16 ans, ainsi que leur circulation entre l'IME où ils sont scolarisés, l'établissement et les classes les accueillant chaque semaine. Quelles dynamiques inclusives s'instaurent et comment varient-elles dans cette configuration originale, qui « externalise » une classe d'IME pour l'implanter dans un collège ?

A partir de nos observations et des entretiens avec des éducateurs, enseignants spécialisés et acteurs du collège, nous présenterons d'abord des scènes de la vie « scolaire » de ces adolescents, afin d'apprécier les ressources mobilisées et les "manières de faire" ensemble (De Certeau, 1980) des acteurs du collège et de l'IME. Nous analyserons comment, la 1ère année, les projets pédagogiques et éducatifs contribuent à « repenser l'école dans sa structure même, mais aussi ses frontières et donc les relations que les professionnels de l'école entretiennent avec les partenaires » (Thomazet et al, 2014). Si les dynamiques inclusives découlent alors, de « l'enthousiasme » initial (Tremblay, 2012) des acteurs de l'IME, elles bénéficient aussi des échanges collaboratifs dans l'instance où sont abordées, avec les enseignants volontaires, les obstacles, analysés et validés les acquis. Constatant, la 2ème année, que les jeunes restent plus souvent cantonnés à leur groupe/classe de référence, nous voyons les dynamiques s'affaiblir. Si les enseignants témoignent de difficultés pour expliquer des attitudes de retrait, nous constatons que les acteurs de l'IME, proposent, du fait de la quasi disparition de l'instance, de « dupliquer ce qui a marché ». En n'autorisant plus le cheminement spiralaire (Bruner, 1960) de la démarche, ils suspendent alors, sans le comprendre, la dimension expérimentale, qui contribuait pourtant aux dynamiques inclusives.

Certeau M.de (1980). L'invention du quotidien 1. Arts de faire, Paris, UGE, coll. 10x18

Thomazet S., Merini C., Gaime E. (2014), Travailler ensemble au service de tous les élèves. La nouvelle revue de l'adaptation et de la scolarisation, n° 65/1er trim., Clermont Université, Université Blaise Pascal.

Tremblay P. (2012) Évaluation comparée de deux dispositifs scolaires destinés à des élèves ayant des troubles d'apprentissage. RFP n°179, Avril- Juin.


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